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Diamant de synthèse : la norme ISO 18323 impose de le dire

Avatar de Gersende Aubriot-Chapuis

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Un diamant de synthèse et un diamant naturel sont, atome pour atome, la même substance : du carbone cristallisé selon la même structure cubique. Ce qui les distingue n’est pas la composition mais l’origine, et depuis l’adoption de la norme ISO 18323 sur la terminologie du diamant, cette origine doit être dite clairement.

Deux procédés, une seule structure

Le procédé HPHT, pour haute pression et haute température, reproduit en accéléré les conditions de formation profonde d’un diamant naturel, en quelques semaines plutôt qu’en plusieurs millions d’années. Le procédé CVD, dépôt chimique en phase vapeur, fait croître le cristal couche par couche à partir d’un gaz carboné, dans un environnement à basse pression contrôlée. Les deux méthodes produisent un cristal de carbone dont la structure atomique est identique à celle d’un diamant naturel, avec la même dureté maximale sur l’échelle de Mohs et les mêmes propriétés optiques de base.

Une identité chimique, pas une identité d’origine

Cette identité de structure ne rend pas les deux pierres interchangeables sur le plan de la dénomination commerciale. La norme ISO 18323 encadre précisément les termes autorisés pour décrire un diamant selon son origine, et impose que la nature synthétique d’une pierre soit indiquée de façon claire au moment de la vente, sans ambiguïté possible avec le terme « diamant » employé seul et sans qualificatif.

La norme ISO 18323 sur la terminologie du diamant établit que le terme « diamant » employé sans qualificatif désigne un diamant naturel, et que toute pierre issue d’un procédé de croissance doit être qualifiée explicitement de « diamant de synthèse » ou de « diamant cultivé en laboratoire » lors de sa présentation commerciale.

Cette exigence de dénomination rejoint les obligations générales d’information du consommateur, que le site du ministère de l’Économie rappelle pour l’ensemble des produits vendus en France : l’acheteur doit pouvoir connaître, avant l’achat, la nature exacte de ce qu’il acquiert.

Le carat, une mesure de poids, pas d’authenticité

Le carat métrique, fixé à 0,2 gramme, sert à exprimer le poids d’un diamant, qu’il soit naturel ou de synthèse, sans que cette unité renseigne en rien sur l’origine de la pierre. Deux diamants de même carat, l’un naturel et l’autre issu d’un procédé HPHT ou CVD, peuvent afficher un poids strictement identique tout en relevant, selon la norme ISO 18323, de deux dénominations commerciales distinctes et non interchangeables.

C’est pourquoi le poids en carats, souvent mis en avant dans la description d’une pierre, ne dispense jamais de vérifier la mention d’origine exigée par la norme. Un chiffre de poids seul, même précis, ne prouve strictement rien sur la nature naturelle ou synthétique du cristal qu’il décrit.

Ce que les laboratoires savent détecter

Un diamant de synthèse et un diamant naturel ne se distinguent pas à l’œil nu, ni même souvent à la loupe de bijoutier. Les laboratoires gemmologiques disposent d’instruments capables de repérer des traces infimes propres à chaque mode de croissance : inclusions caractéristiques, structure de luminescence sous certains rayonnements, ou distribution particulière des éléments traces selon le procédé employé. C’est cette capacité de distinction qui permet à la norme de rester applicable : sans moyen de vérification fiable, une obligation de dénomination resterait purement déclarative et invérifiable.

La dureté du diamant, qu’il soit naturel ou de synthèse, reste la plus élevée de l’échelle établie en 1812, un repère que nous détaillons dans notre rubrique Pierres & Minéraux consacrée à la lecture précise de cette échelle de référence.


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